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Les chasseurs alpins du 27 e BCA pour six mois en Afghanistan

Article publié le 31 octobre 2011

Les soldats français ne quittent pas tous l’Afghanistan. Hier, 520 chasseurs haut-savoyards ont laissé derrière eux le quartier Tom Morel de Cran-Gevrier, pour rejoindre la vallée de la Kapisa. Un départ qui ressemble étrangement à un dernier tour de piste avant le salut final. Rappelons que le désengagement total des troupes est programmé pour 2014. Mille hommes doivent partir avant la fin 2012. Mais en attendant, les militaires haut-savoyards se sont envolés pour les bases de Tagab et Nijrab au Nord-est de Kaboul et ceci pour une durée de six longs mois. Ils devraient être de retour avant le 15 mai. Peut-être même avant. Et si possible sans que personne ne manque à l’appel. Ce qui, au regard des dernières pertes, relève d’un vœu presque aussi fragile que fou. 75 soldats français ont été tués depuis 2001 en Afghanistan. L’été dernier a été particulièrement meurtrier avec 17 décès entre 1 er juin et le 17 septembre.

En mars 2009, le 27 e BCA était directement touché par le décès du caporal-chef Nicolas Belda. Rassemblés, vendredi soir sur la place d’armes, les hommes pensaient forcément à ce camarade tombé sous un tir de roquette. Peut-être une raison supplémentaire d’aller en découdre avec les “insurgés”. S’il en fallait une… car les chasseurs ne partent pas à contrecœur. Ils se sont entraînés durant près d’un an et ce départ est, pour eux, la conséquence logique de leurs efforts. Une sorte d’aboutissement.

Même si hier matin, derrière les grilles du quartier, les familles avaient la gorge serrée. La compagne du caporal-chef Hamel, les yeux pleins de larmes, ne pouvait pas parler. Voilà 14 ans que Christophe est dans l’armée mais jamais il n’était parti en opération extérieure. Pour un baptême, elle aurait préféré une autre destination. Pas forcément plus proche mais moins périlleuse. Les yeux rivés dans ceux dans son amie, le soldat lance, comme pour excuser son ami : « C’est toujours plus facile pour ceux qui partent… »

Queue-de-cheval blonde sur le treillis

Même discours pour l’adjudant-chef Delahaye. Queue-de-cheval blonde sur le treillis, elle laisse à Annecy trois enfants et un mari. Ce dernier est parti avant que les cars ne roulent vers Istres, d’où sa femme décollera pour la base américaine de Bagram. Pour éviter de trop mouiller son mouchoir. Et même si les familles assez peu nombreuses sur la place d’armes hier (car la plupart préfèrent se séparer dans l’intimité du foyer), cachaient pudiquement leurs émotions, on sentait le départ peser de tout son poids dans les musettes. « Prends soin de toi, écris-moi vite, branche ton ordi dès que tu es installé… Promis ? » Les recommandations s’accrochaient les unes aux autres, comme pour se réchauffer entre elles et meubler cet espace si creux que caractérise toute séparation inquiète. Jusqu’à ce que les chefs ordonnent aux hommes de se mettre en rang.

Un à un, ils sont allés chercher leur…

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