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Association (Loi 1er juillet 1901) de défense des droits des militaires.

Robots sexuels

Article publié le 29 juin 2018

Question écrite n° 03960 de M. Pierre Laurent (Paris – CRCE) publiée dans le JO Sénat du 22/03/2018 – page 1314

M. Pierre Laurent attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes sur les robots sexuels en général et sur l’entreprise Xdolls à Paris, dans le 14e arrondissement en particulier.
Dans ce lieu, premier du genre en France, il est proposé des robots sexuels en silicone à des clients dans un lieu clos. Ce lieu est présenté par le propriétaire comme une « salle de jeu ». Certaines de ces poupées peuvent faire penser à des enfants.
Selon de nombreux acteurs, ce phénomène, en pleine expansion dans le monde, participe fortement à l’objectivation des femmes. Ils soulignent également qu’il contribue à une culture du viol en faisant participer à une activité qui est en dehors du cadre du consentement.
Ils estiment aussi que la liberté d’exercer des violences sur un robot à forme humaine ou de concrétiser sur lui des pratiques sexuelles illicites pourrait renforcer ces pratiques, au détriment de personnes vulnérables.
La création de tels lieux paraît également un moyen détourné pour amener l’acceptation par l’opinion du retour des « maisons closes ». Il y a lieu de se demander si on n’est pas en train d’assister à une banalisation de la marchandisation du corps de la femme puisque l’on passe subrepticement de la femme objet à l’objet tout court. Ces lieux semblent participer également à une banalisation de la prostitution. Ils apparaissent en contradiction avec la lutte contre le sexisme et participent enfin à la représentation dégradée de la femme dans l’espace public.
Il lui demande ce qu’elle compte faire en vue de lancer une réflexion à ce sujet et d’aller à l’encontre de ces activités qui ont pour seul objectif le profit quitte à participer à la dégradation des relations humaines.

Réponse du Secrétariat d’État, auprès du Premier ministre, chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes publiée dans le JO Sénat du 21/06/2018 – page 3116

Consacrée grande cause du quinquennat, l’égalité entre les femmes et les hommes constitue une priorité du Gouvernement. Les mesures phares de la stratégie gouvernementale en la matière ont été présentées lors du comité interministériel à l’égalité entre les femmes et les hommes, présidé par le Premier ministre, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 2018. La transmission et la diffusion de la culture de l’égalité dès le plus jeune âge notamment, constitue un enjeu majeur. La promotion de relations égalitaires et respectueuses entre les filles et les garçons, à travers le développement des séances d’éducation à la sexualité et à la vie affective, contribue à lutter contre le phénomène d’objectivation des femmes. Ces actions de prévention primaire participent à la déconstruction des stéréotypes de genre et à la promotion de l’égalité. Elles constituent ainsi la meilleure réponse à l’apparition d’une sexualité mécanisée reposant sur l’usage de robots sexuels. Par ailleurs, l’hypothèse d’une réglementation de l’activité prostitutionnelle à travers la réouverture de « maisons closes » est en contradiction avec le droit français qui décline la position abolitionniste de la France en matière de prostitution. Celle-ci a été réaffirmée avec le vote de la loi n°  2016-444 du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et accompagner les personnes prostituées. Elle a notamment renforcé la lutte contre le proxénétisme, créé un dispositif d’accompagnement vers la sortie de la prostitution pour les personnes qui le souhaitent, structuré la politique de prévention en matière de réduction des risques et créé une infraction de recours à la prostitution d’autrui.

Source: JO Sénat du 21/06/2018 – page 3116

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