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Association (Loi 1er juillet 1901) de défense des droits des militaires.

« ARMÉE LE SCANDALE DU LOGICIEL LOUVOIS » FRANCE INTER 27 JANVIER 2018 À 13 H 20 (Par Me Maumont)

Article publié le 30 janvier 2018

Demain, samedi 27 janvier 2018, sera diffusée à 13 h 20 sur France Inter l’enquête de Philippe RELTIEN consacrée à Louvois, « Le logiciel qui a mis l’armée à terre« .

MDMH AVOCATS, qui porte de nombreux contentieux et s’est engagé au soutien des militaires victimes du logiciel « fou » selon la Cour des comptes, aux côtés de l’ADEFDROMIL-aide aux victimes, de son Président Jacques BESSY et de son vice-Président fondateur, Michel BAVOIL qui ont été les premiers à dénoncer publiquement le scandale LOUVOIS, se félicite que cette problématique soit mise en lumière.

Retrouvez Maître Aïda MOUMNI, avocat associé en charge de ce contentieux au sein de MDMH AVOCATS.

A écouter ici l’annonce de diffusion :

https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete-de-secrets-d-info/l-enquete-de-secrets-d-info-26-janvier-2018

A lire :

https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-27-janvier-2018

Extrait :

« (…) Pendant près de 7 ans, de nombreux soldats français ont vécu l’enfer. Non pas sur le terrain mais à cause de leur fiche de paie. Victimes d’un système informatique du ministère de la Défense, le logiciel Louvois, ils en subissent encore aujourd’hui les lourdes conséquences. (…)

(…) Louvois s’est aussi mis à gonfler les paies. Des militaires ont ainsi touché trop d’argent, parfois même sans qu’ils s’en aperçoivent. (…)

Le ministère de la Défense n’ayant pas l’intention de laisser filer l’argent versé en trop, s’est donc mis à poursuivre ses soldats pour leur demander de rembourser ces trop perçus. Montant de la facture : 545 millions d’euros.

Le ministère a donc monté une structure de recouvrement du trop versé. Près de 6 000 contentieux ont été portés devant la commission de recours militaire, passage obligé avant de déposer un recours devant un tribunal administratif civil.

L’armée a bien récupéré une partie de son argent : 360 millions d’euros ont été remboursés. Il resterait 3 000 cas à régler. Mais l’état-major a tout de même laissé filer 83 millions d’euros qu’il n’a pas réclamés. Pourquoi ? Il est arrivé que l’on facture, sur des fiches de paie, des sommes qui en fait n’ont jamais été versées. « Il s’agit certainement de trop versés inventés par le logiciel, explique Jacques Bessy, un ancien gendarme aujourd’hui à la tête de l’association ADEFDROMIL qui défend des dizaines de militaires. Ces 83 millions d’euros ont été abandonnés parce qu’ils ne pouvaient pas être justifiés clairement. »

De nombreux militaires ont donc été amenés à contracter des prêts pour rembourser ces trop versés. Conséquence : le moral des troupes est au plus bas. (…)

Mises à part quelques manifestations de femmes de militaires, tout cela n’a pas fait plus de bruit. Pour quelles raisons ? A l’armée, on est formé à l’esprit de corps, à la discipline, au silence. (…)

UN GÂCHIS RECONNU MAIS… SANS RESPONSABLE

La facture de toutes ces erreurs est difficile à chiffrer. Jean-Yves le Drian lui-même a reconnu que l’on a gaspillé l’équivalent de ce qui avait été économisé en supprimant des emplois. « Pour Source solde et Louvois, comme il y en a un en trop, comptons 130 millions d’euros perdus, calcule Sylvain B., plus 160 millions d’euros de trop-versés qui sont toujours dans la nature, on arrive à peu près à 300 millions foutus en l’air. » Evaluation sans doute sous-estimée. Quoi qu’il en soit, cette opération est un énorme gâchis.

D’autant plus qu’aucune sanction n’a jamais été prononcée. La Cour des comptes reviendra surement sur ce monumental échec. Peut-être posera-t-on alors la question des éventuelles responsabilités. « Nous n’avons pas été en mesure d’exiger et de faire des tests suffisamment importants, admet Jean Paul Bodin. La responsabilité est collective au sein du ministère. » 

Une affirmation que les victimes ont du mal à entendre. La lassitude l’emporte. Ils sont nombreux à rembourser l’armée après une transaction à l’amiable. Mais leur avocate, Aïda Moumni, ne se satisfait pas de la version officielle. « C’est Louvois qui a dysfonctionné, ce ne sont pas les victimes. Le ministère de la Défense aurait dû répondre de ces dysfonctionnements ; la hiérarchie a trahi ses subordonnés en agissant de la sorte. »

Louvois n’a pas fait que fragiliser des militaires, il en a aussi dissuadé beaucoup de rester sous les drapeaux. L’armée a perdu la confiance de nombre de ses soldats.

MDMH

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