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Un livre sur la Section d’épreuve de la Légion étrangère. Le dernier bagne militaire français connu

Article publié le 25 janvier 2018

Un livre sur la Section d’épreuve de la Légion étrangère

Le dernier bagne militaire français connu

 

Voici un document fort intéressant et bien écrit qui rend compte de l’enquête réalisée par son auteur sur « Le bagne de la Légion » qui fonctionna de 1969 à 1976 à Corte au domaine de Saint Jean.

Sébastien Touvon est un  ancien légionnaire, qui a retrouvé des témoins et a visité ce lieu de souffrance humaine comme on visite les anciens bâtiments du bagne en Guyane.

Son ouvrage d’une centaine de pages avec des illustrations photographiques est publié aux Editions du Menhir – Le Henlis – 56340 PLOUHARNEL, au prix de 13,50 euros.

A l’époque encore marquée par la fin de la guerre d’Algérie et le contexte de la guerre froide, il était inconcevable pour la hiérarchie militaire de réformer des engagés inadaptés à la vie militaire et en particulier à celle de la Légion. Il était impensable de résilier disciplinairement le contrat des déserteurs récidivistes, des indisciplinés inamendables, des violents envers leurs gradés ou leurs officiers.

Seul le châtiment était acceptable et on s’imaginait qu’un régime disciplinaire féroce pouvait modifier le comportement et l’état d’esprit de ces parias.

L’expérience n’était pas nouvelle et elle était vouée à l’échec. Elle était surtout déjà inadaptée à la société  de la fin des années 60.

Plusieurs victimes du régime barbare qui régnait à la Section d’épreuve ont été conduites au suicide, à la mort par suite de mauvais traitements, à la folie et à de graves troubles psychiques. Mais il n’y a pas de statistiques et d’information officielles. Certes, on n’envoyait pas à la SELE des enfants de chœur. Mais, il aurait été plus digne de renvoyer de la Légion ou de réformer des engagés manifestement incapables de rendre les services qu’on attendait d’eux.

Bien évidemment, le pouvoir quasi absolu exercé sans contrôle ou si peu, sur des hommes qu’il fallait briser, a attiré dans l’encadrement de la SELE, son lot de petits gradés sadiques,  vicieux, et malfaisants.

« La barbarie  est accessible à tous, il suffit d’y prendre goût » comme disait le philosophe Cioran.

On comprend ainsi que l’histoire de la SELE ne fasse pas partie de l’hagiographie de la Légion. Il faut donc rendre hommage au courage de Sébastien Touvon.

JB – 26/01/2018

3 commentaires suite à cet article :

  1. Il y a déjà un bouquin sur le sujet, je l’ai lu dans les années 80 et il était de très bonne facture:

    Henry Allainmat 1977 écrivat le livre L’Epreuve « Le bagne de la légion ».

    Et j’en profite au passage de saluer le courage du légionnaire Michel Trouvain qui, à l’époque (1975), et grâce à son témoignage, rendit possible ce livre.

    Donc rien de nouveau sous le soleil

    Anonyme • 26 janvier 2018 à 0 h 54 min
  2. Ce livre raconte l’historique de cette section, avec les témoignages de nombreux disciplinaires mais aussi de cadres. Les conséquences sur la vie de ceux qui y sont passé. Le livre de 1977 raconte la seule histoire de Michel Trouvain.
    Ici la question se pose sur les raisons de tels agissements.
    Ce livre est beaucoup plus complet, et détient une valeur historique

    Anonyme • 27 janvier 2018 à 10 h 08 min
  3. Ce livre comporte de nombreux témoignages de disciplinaires et de cadres, des conséquences sur la vie de ceux qui y sont passé. Des destins terribles pour certains.
    Le livre de 1977 raconte la seule histoire de Michel Trouvain.
    Un historique précis sur cette section, une enquête à valeur historique qui intéressera la jeune génération de soldats.

    Anonyme • 27 janvier 2018 à 10 h 18 min