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Démission du chef d’état-major des armées

Article publié le 4 octobre 2017
Question au gouvernement N° 33 de M. Jean-Louis Masson (Les Républicains – Var )

DÉMISSION DU CHEF D’ÉTAT-MAJOR DES ARMÉES

M. le président. La parole est à M. Jean-Louis Masson, pour le groupe Les Républicains.

M. Jean-Louis Masson. Ma question s’adresse à Mme la ministre des armées.

M. Bernard Deflesselles. Enfin une question intéressante.

M. Jean-Louis Masson. Madame la ministre, où êtes-vous ? Que faites-vous ? Le ministre des comptes publics a annoncé mardi dernier que votre ministère devrait subir 850 millions de coupes budgétaires cette année et on ne vous entend pas ! Votre silence est assourdissant. Pourtant, cette décision de Bercy est inacceptable et ses conséquences terribles pour nos militaires.

Madame la ministre, votre silence est tout aussi assourdissant s’agissant du sort réservé à l’ex-chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers.

M. Daniel Fasquelle. Scandaleux !

M. Jean-Louis Masson. Devant les députés membres de la commission de la défense, le chef d’état-major des armées a exprimé le sentiment de trahison légitime qu’éprouvent les militaires français au regard des promesses faites et non tenues par l’exécutif. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des groupes LC et NG.)

Plusieurs députés du groupe LR . Eh oui !

M. Jean-Louis Masson. Pour cela, il a subi une humiliation publique alors que personne ne peut remettre en cause la droiture, le sens de l’État et l’attachement à la République du général de Villiers. (Mêmes mouvements.)

Mme Sylvia Pinel, Mme Jeanine Dubié et M. Olivier Falorni . C’est vrai !

M. Jean-Louis Masson. Les militaires, qui risquent leur vie chaque jour, ont besoin de soutien, de considération et de respect, pas de coupes budgétaires et d’actes d’humiliation. La démission, aujourd’hui, du général d’armée de Villiers est un événement exceptionnel – le quotidien Le Monde titre : « Un événement historique ». La confiance entre le chef d’État et notre armée est gravement mise à mal, sans doute rompue, peut-être définitivement.

Madame la ministre, comment allez-vous expliquer ces décisions à nos forces armées et quand allez-vous enfin les respecter ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des groupes LC et NG.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre des armées.

Mme Florence Parly, ministre des armées. Monsieur le député, si la considération pour nos militaires devait se mesurer à l’aune des annulations budgétaires, alors je pense que certains sur ces bancs pourraient procéder à leur examen de conscience. (Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM.)

M. Thierry Solère. C’est vrai.

M. Gilles Carrez. C’est faux !

M. Claude Goasguen. Des noms !

Mme Florence Parly, ministre . Le chef d’état-major des armées, le général de Villiers, a remis ce matin au Président de la République sa démission. Le Président de la République l’a acceptée.

M. Damien Abad. C’est bien dommage.

Mme Florence Parly, ministre . C’est le choix du général de Villiers…

Plusieurs députés du groupe LR . C’est faux !

Mme Florence Parly, ministre. …et je le respecte. (Exclamations sur les bancs du groupe LR sur plusieurs bancs du groupe NG.)

M. Christian Jacob. C’est parce que la ministre est inexistante !

M. Christian Hutin. Il s’était exprimé dans un cadre parlementaire !

Mme Florence Parly, ministre. Je souhaite rendre hommage à l’action du général de Villiers (Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM – Exclamations sur les bancs du groupe LR) qui, depuis 2014, en tant que chef d’état-major, a conduit avec succès les opérations de nos armées sur les théâtres extérieurs comme en métropole. Et je veux lui rendre également hommage pour la transformation du ministère qu’il a réalisée…

M. Christian Jacob. Vous ne manquez pas d’air !

Mme Florence Parly, ministre . …et du fait que l’armée française est une des meilleures du monde.

Je voudrais maintenant saluer le général de corps d’armée François Lecointre, qui est nommé pour lui succéder comme chef d’état-major des armées. (Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM.) C’est un officier d’une qualité exceptionnelle. C’est un officier expérimenté.

M. Christian Jacob. Comme le général de Villiers.

Mme Florence Parly, ministre. Il a toute ma confiance pour relever les nombreux défis qui l’attendent. C’est ce que je lui dirai dans quelques heures lorsque je le recevrai…

M. Charles de la Verpillière. Enfin !

Mme Florence Parly, ministre. …pour lui indiquer toutes les responsabilités qui sont les siennes. Le contexte, en effet, n’est pas facile. Le budget de 2017 a fait l’objet…

M. le président. Je vous remercie, madame la ministre.

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Source: JO du 20/07/2017 page : 1681

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