Association de défense des droits des militaires Association de défense des droits des militaires Euromil
Association (Loi 1er juillet 1901) de défense des droits des militaires.

LE SERVICE MILITAIRE COMME REPONSE A LA MENACE TERRORISTE ? (Par Sébastien RONPHE, élève-avocat, et Elodie MAUMONT, avocat associé)

Article publié le 10 avril 2017

Le service militaire constitue un véritable curseur de la menace pesant sur une Nation.

La Suède a récemment procédé au rétablissement du service militaire obligatoire, au regard du réarmement de la Russie.

Pourtant supprimé en 2010, le service militaire obligatoire suédois sera effectué par 4000 jeunes hommes et femmes durant une période de 9 à 12 mois dès le 1er janvier 2018.

La nomination de la menace justifiant le rétablissement d’une telle mesure, à savoir la Russie, n’est pas anodin. En effet, la Suède désigne un ennemi et forme sa jeunesse au métier de soldat.

La question du rétablissement du service militaire n’a pas épargné la France, dont la période électorale est de nature à favoriser l’émergence de mesures symboliques.

Les deux candidats actuellement en tête des sondages, Emmanuel Macron et Marine le Pen, ont tous deux déclaré être favorables au rétablissement du service militaire en France, le souhaitant respectivement d’une durée d’un mois et de trois mois.

Au-delà des promesses faites par les candidats à l’élection présidentielle, l’inscription de la question du rétablissement du service militaire dans ce débat traduit la réalité de la menace pesant sur la France.

La décision de former la jeunesse au métier de soldat, et donc de la sensibiliser au métier de la guerre, permet d’établir que la menace terroriste ressentie aujourd’hui devra l’être encore durant de nombreuses années.

Bien que déjà concrétisée par de nombreuses attaques, il ne s’agit pas d’une menace ponctuelle que nos forces armées et nos services de renseignement peuvent éteindre à court ou moyen terme. La menace va peser sur la durée.

Le rétablissement du service militaire, mesure lourde tant symboliquement que budgétairement, est donc en question.

Eu égard à la petitesse des durées évoquées, un mois, ou trois mois, il peut être considéré que la volonté des responsables politiques dont émanent ces propositions n’est pas de former une génération de soldats.

L’intention serait dès lors d’avantage de sensibiliser le jeune peuple à son armée, afin de rétablir un lien oublié.

Au travers de ce lien, des vocations pourront naitre.

Mais surtout, une cause pourrait être ainsi offerte aux jeunes qui n’en ont plus, afin d’éviter que ces derniers ne basculent dans la cause perdue de la menace.

A suivre…Au-delà des promesses, quels seront les actes ?

© MDMH – Publié le 24 mars 2017

Les commentaires sont fermés.