Le général Brachet, actuel président du Trèfle, aurait-il pu éviter le suicide du lieutenant ? (Michel Munier)

C’est sous le titre « Le général Brachet rattrapé par le suicide d’un lieutenant en 2007″ que le journal « L’Essor » dans son édition papier relate qu’un arrêt rendu le 11 juin 2013 par la cour d’Appel de Lyon fait justice aux circonstances dans lesquelles un lieutenant s’est donné la mort.

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Suite au suicide en 2007 d’un officier de gendarmerie, sa veuve fait une demande de pension qui lui est refusée. Elle fait appel contre cette décision et le tribunal des pensions lui donne raison. L’Etat fait à son tour appel mais il est débouté par l’arrêt du 11 juin 2013.

L’Essor, dans le n° 459 de juillet 2013 dévoile la chronologie des faits qui ont conduit le lieutenant Boissard à se suicider avec son arme de service. Nous vous la résumons :

En 2006, le lieutenant Boissard fait l’objet d’une enquête de commandement à la suite d’un déplacement auquel il a participé en Guyane. Cette enquête est finalement classée sans suite, mais l’officier ne se sort pas indemne de ce déplacement puisqu’il sera hospitalisé une semaine pour un syndrome de stress post-traumatique, suivi d’un congé de maladie de 3 semaines.

Un an passe puis, le 7 décembre 2007, il est convoqué devant le général Brachet, alors commandant de la région de gendarmerie de Lyon.

Il se retrouve, non pas devant son général, mais devant un véritable tribunal composé de 5 officiers : le commandant de région, deux colonels, un lieutenant-colonel et un capitaine.

Une lieutenante et un gendarme auraient en effet rapporté que la conduite de cet officier n’avait pas été exemplaire en Guyane. Il se serait abandonné à quelques excès de boisson.

Ces dénonciations, bien que non corroborées par des investigations, ont suffi au commandant de région pour déclencher ce « tribunal » , et  lui notifier une nouvelle enquête de commandement.

Alors qu’il est sur le point de partir dans les prochains jours en OPEX  en Cote d’Ivoire, il se voit signifier son maintien au « dépôt » de son unité.

Puis quelques dizaines minutes plus tard, pendant que son unité se rassemble sur ordre du commandant de groupement désireux d’annoncer les mesures prises, le lieutenant se rend dans les locaux à proximité et se donne la mort avec son arme de service.

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A la lecture de l’article de l’Essor, plusieurs questions se posent :

  • Pourquoi le général Brachet a fait les choix de convoquer le lieutenant devant un véritable tribunal improvisé, de lui notifier une nouvelle enquête de commandement, de le maintenir au dépôt et de permettre à son commandant de groupement de rassembler l’unité pour faire  une telle publicité des mesures prises et n’a pas plutôt choisi de régler cette « affaire » en tête à tête avec son lieutenant ?
  • Les seules dénonciations d’une lieutenante et d’un gendarme parvenues aux oreilles du général justifiaient-elles que des mesures de cette importance soient prises à l’encontre du lieutenant ?
  • Etait-t-il nécessaire que l’Etat-gendarmerie fasse appel d’une décision du tribunal des pensions (pour lequel il a été débouté  le 11 juin 2013) et ressorte ainsi du « placard » cette triste affaire ?

MM

Source: Amée-media

 

 Lire l’article de « l’Essor » sur le site armée-media en cliquant [ICI]

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Cet article a 1 commentaire

  1. tartempion

    Il devient de plus en plus insupportable qu’au moindre événement ,les décisions de nos chefs militaires soient systématiquement mis en cause .
    Pour plaire et durer dans le temps , devront-ils s’inscrire dans une stratégie d’évitement systématique ?

    Je pense qu’il est nécessaire d’aller plus au fond et d’aborder de manière général la question de la tolérance concernant la consommation d’alcool au sein des armées françaises .

    Il faut admettre l’idée que culturellement la place de l’alcool au sein de nos armées à toujours été une réalité que nul ne peut nier , les repas cohésions sont toujours bien arrosés et au moindre prétexte ,on organise ici ou là des pots ,des cocktails etc…..

    Aucun corps n’est épargné et on peut tout à fait admettre comme juste et bien fondé qu’un Général de gendarmerie décide de mettre à l’écart un jeune Lieutenant le temps que l’on fasse le point sur les faits qui lui sont reprochés .

    Je peux tout à fait comprendre que l’intéressé perçoive cela comme une véritable humiliation mais , comment confier un commandement à un Officier dont la conduite à été supposément contraire à la discipline militaire .

    Ceux qui ont participé à des opérations extérieures avec des unités américaines comprendront qu’il y a une grande différence entre leur manière de voir les choses et la nôtre .

    Chez eux il y a une tolérance zéro ,personne ne boit d’alcool ,du haut en bas de la chaîne hiérarchique ,chez nous ,on tolère et on sait très bien parfois comment ça se termine ….

Les commentaires sont fermés.

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